Article écrit par Équipe Marketing

Le 2e pilier en bref : les chiffres clés 2026

Le 2e pilier (prévoyance professionnelle, ou LPP) est une épargne retraite obligatoire pour les salariés en Suisse, financée par l’employeur et par le salarié, et versée à la retraite sous forme de rente, de capital ou d’un mélange des deux.

On l’appelle aussi 2ème pilier, deuxième pilier ou caisse de pension. Le sigle LPP désigne la Loi fédérale sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité, en vigueur depuis 1985.

Valeur 2026 Dès le 1er janvier 2027
Seuil d’entrée (salaire annuel à partir duquel on est assuré) 22 680 CHF 23 040 CHF
Déduction de coordination 26 460 CHF 26 880 CHF
Salaire coordonné minimal 3 780 CHF à confirmer
Salaire coordonné maximal (minimum légal) 64 260 CHF à confirmer
Salaire annuel maximal couvert par le minimum légal 90 720 CHF à confirmer
Taux d’intérêt minimal 1,25 % décision attendue en novembre 2026
Taux de conversion minimal à 65 ans 6,8 % 6,8 %
Bonifications de vieillesse 7 %, 10 %, 15 % ou 18 % du salaire coordonné selon l’âge inchangées

Le seuil d’entrée et la déduction de coordination 2027 ont été fixés par le Conseil fédéral le 2 octobre 2026. Les autres montants 2027 seront confirmés dans les publications officielles de fin d’année. Le taux d’intérêt minimal 2027 n’est pas encore décidé à la date de rédaction de ce guide.

Qu'est-ce que le 2e pilier et à quoi sert-il

Maintenir son niveau de vie, à côté de l’AVS

La prévoyance suisse repose sur trois piliers, présentés dans notre article Les 3 piliers de la prévoyance suisse. L’AVS, le 1er pilier, assure un revenu de base à tous. Elle ne suffit pas, à elle seule, à maintenir le niveau de vie d’une personne active.

Le 2e pilier prend le relais. Ensemble, l’AVS et la LPP visent à maintenir environ 60 % du dernier revenu pour un salaire moyen. Plus le salaire est élevé, plus l’écart se creuse, et c’est au 3e pilier de le combler.

Un capital qui vous appartient

L’AVS fonctionne par répartition : les cotisations des actifs d’aujourd’hui paient directement les rentes des retraités d’aujourd’hui. Personne n’a de compte à son nom.

Le 2e pilier fonctionne par capitalisation. La façon la plus simple de se le représenter : un compte d’épargne personnel, bloqué jusqu’à la retraite, alimenté chaque mois par vous et par votre employeur, et rémunéré par des intérêts. Ce compte s’appelle l’avoir de vieillesse. Au moment de la retraite, c’est ce capital, et lui seul, qui finance votre rente ou qui vous est versé.

Retraite, invalidité, décès : les trois risques couverts

Le 2e pilier n’est pas seulement une épargne retraite. Il couvre trois situations :

  • La retraite : une rente à vie, un capital, ou les deux.
  • L’invalidité : une rente dès un taux d’invalidité de 40 %, en complément de la rente AI du 1er pilier.
  • Le décès avant la retraite : une rente de conjoint survivant ou de partenaire enregistré, au minimum 60 % de la rente d’invalidité à laquelle l’assuré aurait eu droit, sous conditions d’âge, d’enfants à charge ou de durée du mariage ; une rente d’orphelin d’au minimum 20 % de cette rente par enfant, jusqu’à 18 ans ou 25 ans en formation.

Pour les couples non mariés, rien n’est automatique. De nombreuses caisses prévoient une rente ou un capital pour le partenaire de vie, à des conditions précises : le plus souvent une vie commune de plusieurs années ou un enfant commun, et une annonce préalable à la caisse. Le règlement de chaque caisse précise ces conditions et la démarche à effectuer.

Qui est assuré au 2e pilier

Le seuil d’entrée et ce qu’il signifie pour un temps partiel

Vous êtes assuré obligatoirement au 2e pilier si vous êtes salarié et que votre salaire annuel auprès d’un même employeur dépasse 22 680 CHF en 2026.

L’assurance démarre par étapes :

  • Dès le 1er janvier qui suit vos 17 ans, vous êtes couvert contre l’invalidité et le décès.
  • Dès le 1er janvier qui suit vos 24 ans, l’épargne pour la retraite commence.

Le seuil s’apprécie sur le salaire annuel versé par un employeur. Une personne à 50 % qui gagne 40 000 CHF par an est donc assurée. Une autre, à 20 % pour 15 000 CHF par an, ne l’est pas d’office. Beaucoup de caisses assurent toutefois les temps partiels dès un salaire plus bas que le minimum légal : c’est le règlement de prévoyance qui le dit.

Plusieurs employeurs, contrats courts : les cas particuliers

Si vous travaillez pour plusieurs employeurs et qu’aucun salaire ne dépasse le seuil à lui seul, vous n’êtes pas assuré d’office. Une assurance facultative reste possible dans certains cas, à vérifier auprès de la caisse de l’un de vos employeurs ou de la Fondation institution supplétive LPP.

Les salariés engagés pour une durée limitée à trois mois au plus ne sont pas soumis, sauf si le contrat est prolongé au-delà.

Indépendants : une affiliation facultative

Les indépendants ne sont pas assurés obligatoirement au 2e pilier. Ils peuvent s’affilier volontairement auprès de l’institution de prévoyance de leur association professionnelle, de celle de leurs salariés ou de la Fondation institution supplétive LPP.

Sans 2e pilier, un indépendant bénéficie d’un plafond de pilier 3a beaucoup plus élevé : 20 % du revenu net d’activité, jusqu’à 36 288 CHF en 2026, contre 7 258 CHF pour un salarié affilié à une caisse de pension. Le choix entre affiliation volontaire et 3a étendu dépend du revenu, de sa régularité et de la couverture souhaitée en cas d’invalidité ou de décès. Notre guide complet du 3e pilier détaille ce levier.

Un dirigeant salarié de sa propre SA ou Sàrl n’est pas un indépendant au sens des assurances sociales : il est assuré au 2e pilier comme ses collaborateurs.

Comment sont calculées vos cotisations

Le salaire coordonné, en trois exemples

Le 2e pilier n’assure pas la totalité de votre salaire, mais le salaire coordonné : votre salaire annuel moins la déduction de coordination, 26 460 CHF en 2026.

Pourquoi cette déduction ? Parce que la première tranche du salaire est déjà couverte par l’AVS. La LPP prend le relais au-dessus, pour ne pas assurer deux fois la même part du revenu.

Salaire coordonné = salaire annuel brut moins 26 460 CHF

Deux garde-fous complètent la règle. Si le résultat est inférieur à 3 780 CHF, le salaire coordonné est porté à 3 780 CHF. Et le minimum légal ne va pas au-delà de 64 260 CHF, ce qui correspond à un salaire annuel de 90 720 CHF.

Persona fictive Salaire annuel Salaire coordonné, minimum légal 2026
Inès, 29 ans, assistante à 60 % 30 000 CHF 3 780 CHF (minimum)
Thomas, 41 ans, employé de commerce 80 000 CHF 53 540 CHF
Nadia, 47 ans, dirigeante salariée de sa Sàrl 120 000 CHF 64 260 CHF (maximum légal)

Pour Nadia, la part du salaire au-delà de 90 720 CHF n’est pas couverte par le minimum légal. Elle ne l’est que si la caisse de sa société prévoit une couverture plus large. Beaucoup de caisses appliquent aussi une déduction de coordination plus faible, voire nulle, ou l’adaptent au taux d’occupation pour les temps partiels. Le règlement de prévoyance fait foi.

Les bonifications de vieillesse selon votre âge

Les bonifications de vieillesse sont les montants crédités chaque année sur votre avoir de vieillesse. Elles sont exprimées en pourcentage du salaire coordonné et augmentent avec l’âge.

Âge Bonification minimale légale Inès (3 780 CHF) Thomas (53 540 CHF) Nadia (64 260 CHF)
25 à 34 ans 7 % 265 CHF 3 748 CHF 4 498 CHF
35 à 44 ans 10 % 378 CHF 5 354 CHF 6 426 CHF
45 à 54 ans 15 % 567 CHF 8 031 CHF 9 639 CHF
55 à 65 ans 18 % 680 CHF 9 637 CHF 11 567 CHF

Montants annuels arrondis au franc, calculés sur le minimum légal 2026. À 41 ans, Thomas voit donc créditer au moins 5 354 CHF par an sur son avoir. Ces taux sont un plancher : de nombreuses caisses prévoient des bonifications plus élevées, ou des plans au choix qui permettent d’épargner davantage.

La progression avec l’âge a une conséquence pratique : le 2e pilier coûte plus cher pour un salarié de 55 ans que pour un salarié de 30 ans au même salaire. Les années de début de carrière comptent pourtant beaucoup, car les intérêts s’accumulent sur une longue durée.

Qui paie quoi : votre part et celle de l’employeur

Les cotisations financent les bonifications de vieillesse, mais aussi la couverture invalidité et décès et les frais de gestion de la caisse.

L’employeur doit payer au moins la moitié des cotisations de chacun de ses salariés. Beaucoup vont au-delà et prennent en charge 60 % ou davantage. C’est un élément de rémunération à part entière.

La part du salarié est retenue chaque mois sur la fiche de salaire, généralement sous la mention « LPP » ou « caisse de pension ». Elle est entièrement déductible du revenu imposable, sans démarche particulière : le montant figure sur le certificat de salaire annuel.

Part obligatoire et part surobligatoire : pourquoi deux caisses ne donnent pas la même rente

C’est la distinction qui explique pourquoi deux salariés au même salaire peuvent avoir des 2e piliers très différents.

La part obligatoire correspond au minimum fixé par la loi : salaire coordonné jusqu’à 64 260 CHF, bonifications de 7 % à 18 %, taux d’intérêt minimal, taux de conversion de 6,8 %.

La part surobligatoire est tout ce que la caisse offre en plus : assurer le salaire au-delà de 90 720 CHF, réduire la déduction de coordination, prévoir des bonifications plus élevées. Sur cette part, la caisse fixe ses propres règles, y compris l’intérêt crédité et le taux de conversion.

La plupart des caisses fonctionnent en régime enveloppant : elles gèrent obligatoire et surobligatoire dans un seul avoir, avec des règles communes, en vérifiant que l’assuré reçoit toujours au moins ce que la loi garantit sur la part obligatoire. C’est pourquoi votre certificat de prévoyance affiche souvent deux montants : l’avoir total et l’avoir LPP obligatoire.

Le taux d’intérêt minimal

Le taux d’intérêt minimal est le rendement que la caisse doit au minimum créditer chaque année sur la part obligatoire de votre avoir. Il est fixé par le Conseil fédéral : 1,25 % en 2026.

Sur la part surobligatoire, chaque caisse décide librement, selon ses résultats et sa situation financière. L’intérêt réellement crédité varie donc d’une caisse à l’autre : il figure dans le rapport annuel de l’institution et, pour vous, sur l’évolution de votre avoir d’une année à l’autre.

Lire son certificat de prévoyance en cinq minutes

Chaque année, votre caisse de pension vous envoie un certificat de prévoyance, aussi appelé certificat d’assurance ou certificat LPP. C’est le document le plus utile pour comprendre votre 2e pilier, et pourtant l’un des plus souvent rangés sans être lus.

Voici à quoi ressemblent ses principaux blocs, sur l’exemple fictif de Thomas, 41 ans :

Bloc du certificat Exemple fictif Ce qu’il faut en retenir
Salaire annuel déclaré et salaire assuré 80 000 CHF, salaire assuré 53 540 CHF Le salaire déclaré par l’employeur à la caisse
Avoir de vieillesse au 1er janvier 145 000 CHF, dont 110 000 CHF d’avoir obligatoire Le capital déjà constitué à votre nom
Cotisations annuelles part employé et part employeur Les montants retenus sur la fiche de salaire
Prestations projetées à 65 ans capital et rente estimés Des projections, basées sur des hypothèses d’intérêt non garanties
Prestations en cas d’invalidité rente annuelle d’invalidité Votre protection si vous ne pouvez plus travailler
Prestations en cas de décès rentes de conjoint et d’orphelin, capital-décès éventuel La protection de votre famille
Montant maximal de rachat somme encore rachetable Votre marge pour améliorer votre retraite

Trois éléments donnent une première vue d’ensemble : le salaire déclaré, l’évolution de l’avoir par rapport à l’année précédente, et la rente projetée à 65 ans. Notre article Décryptage d’un certificat de prévoyance reprend chaque ligne en détail.

Changer d’emploi, perdre son emploi : que devient votre 2e pilier

Quand vous quittez un emploi, votre avoir de 2e pilier vous suit. Ce montant s’appelle la prestation de libre passage. Les règles sont fixées par la Loi fédérale sur le libre passage (LFLP).

Le transfert vers la nouvelle caisse

Thomas quitte son employeur fin mars et commence chez un autre le 1er avril. Il communique à son ancienne caisse les coordonnées de la nouvelle, qui figurent dans les documents remis par son nouvel employeur. L’avoir est transféré, et l’épargne continue sans interruption. Le premier certificat de la nouvelle caisse fait apparaître le montant reçu, qui correspond à celui annoncé par l’ancienne.

Le compte de libre passage entre deux emplois

En cas de pause (voyage, études, congé, période sans emploi), l’avoir est versé sur un compte de libre passage ou une police de libre passage, auprès d’une fondation bancaire ou d’une assurance. Il y reste bloqué et rémunéré jusqu’à votre prochain emploi ou jusqu’à la retraite.

Si vous perdez votre emploi, votre avoir est placé sur un compte de libre passage. Pendant la période d’indemnisation de l’assurance-chômage, vous restez couvert contre l’invalidité et le décès, mais l’épargne pour la retraite s’interrompt. À la reprise d’un emploi, l’avoir est transféré à la nouvelle caisse.

Retrouver un avoir oublié

Si vous ne donnez aucune instruction en quittant un emploi, votre ancienne caisse transfère l’avoir à la Fondation institution supplétive LPP, au plus tôt six mois et au plus tard deux ans après votre départ. L’argent n’est pas perdu, mais il est facile de l’oublier après plusieurs changements d’emploi.

La Centrale du 2e pilier, rattachée au Fonds de garantie LPP, aide gratuitement à retrouver les avoirs dont on a perdu la trace. Ce service est particulièrement utile après un parcours avec de nombreux changements d’employeur.

Le rachat : combler une lacune de prévoyance

Un rachat est un versement volontaire dans votre caisse de pension, pour combler la différence entre votre avoir actuel et celui que vous auriez si vous aviez toujours été assuré selon votre plan actuel.

Pourquoi on peut avoir une lacune de prévoyance

Les lacunes apparaissent souvent après des études longues, une période à l’étranger, une activité indépendante, un temps partiel, une interruption pour s’occuper des enfants, ou une forte augmentation de salaire. Le montant maximal de rachat figure sur votre certificat ou peut être demandé à la caisse.

Le rachat a deux effets :

  • Il améliore votre retraite : rente plus élevée ou capital plus important.
  • Il réduit vos impôts : le montant est déductible du revenu imposable l’année du versement, dans la limite du rachat autorisé.

Exemple illustratif. Pour une personne imposée à un taux marginal de 30 %, un rachat de 10 000 CHF réduit l’impôt de l’année d’environ 3 000 CHF. Le taux marginal réel dépend du revenu, de la situation familiale et de la commune.

Déduction fiscale et délai de trois ans

Les montants rachetés ne peuvent pas être retirés sous forme de capital pendant trois ans (art. 79b al. 3 LPP). Un retrait en capital dans ce délai, à la retraite ou pour un projet immobilier, peut entraîner la remise en cause de la déduction fiscale. C’est pourquoi un rachat s’inscrit généralement dans un calendrier de plusieurs années, en amont de la retraite ou d’un projet immobilier.

Notre article dédié au rachat LPP détaille les montants, la fiscalité et le bon moment pour racheter.

Rente, capital ou les deux : comment ça fonctionne

Au moment de la retraite, vous recevez votre 2e pilier sous forme de rente mensuelle à vie, de capital versé en une fois, ou d’une combinaison des deux.

Le taux de conversion transforme le capital en rente

Le taux de conversion est le pourcentage appliqué à votre avoir de vieillesse au moment de la retraite pour calculer votre rente annuelle. Il est de 6,8 % à 65 ans sur la part obligatoire.

Exemple. Avec un avoir de vieillesse de 300 000 CHF entièrement obligatoire, la rente annuelle minimale est de 300 000 x 6,8 % = 20 400 CHF, soit 1 700 CHF par mois, à vie.

Sur la part surobligatoire, la caisse applique son propre taux, souvent plus bas. Dans un régime enveloppant, un taux unique s’applique à l’ensemble de l’avoir. Avec un taux de 5,5 %, le même capital de 300 000 CHF donnerait 16 500 CHF par an, soit 1 375 CHF par mois. L’écart est considérable, et c’est l’une des lignes les plus parlantes du certificat à l’approche de la retraite.

Pourquoi les caisses baissent-elles leur taux ? Parce que l’espérance de vie augmente et que les rendements des placements ne suffisent pas toujours à financer des rentes versées plus longtemps.

Les règles du choix

La loi garantit le droit de toucher au moins un quart de l’avoir obligatoire en capital. Beaucoup de caisses permettent davantage, jusqu’à la totalité. La demande doit être faite dans le délai prévu par le règlement, souvent plusieurs mois avant la date de retraite. Une fois la rente commencée, le choix est définitif.

Rente Capital
Revenu Garanti à vie, quelle que soit votre longévité À gérer soi-même, peut s’épuiser
Risque de vivre longtemps Porté par la caisse Porté par vous
Placements Gérés par la caisse À votre charge
Fiscalité Imposée chaque année comme un revenu Imposée une fois, séparément du reste du revenu
Au décès Rente de conjoint survivant, puis plus rien Le solde revient aux héritiers

Sur le plan fiscal, le capital est imposé séparément des autres revenus. À l’impôt fédéral direct, l’impôt est calculé au cinquième du barème ordinaire (art. 38 LIFD), et chaque canton applique ses propres règles. Un projet de la Confédération visant à alourdir cette imposition a été abandonné par le Parlement en 2026. La rente, elle, s’ajoute chaque année au revenu imposable.

Les éléments qui entrent en ligne de compte

Le choix entre rente et capital est personnel et dépend de plusieurs éléments :

  1. Le besoin de revenu régulier, une fois la rente AVS comptée.
  2. La situation familiale, et notamment la rente de survivant prévue par la caisse pour le conjoint.
  3. La gestion d’un capital sur vingt ou trente ans, avec les placements et le risque de l’épuiser.
  4. Le taux de conversion de la caisse sur l’ensemble de l’avoir.
  5. Les projets liés au capital : remboursement d’une hypothèque, réserve, transmission.

Les solutions mixtes sont fréquentes : une rente pour couvrir les dépenses courantes, un capital pour un projet précis.

L’âge de la retraite. L’âge de référence est de 65 ans, aligné sur l’AVS. Selon le règlement, une retraite anticipée est possible dès 58 ans, avec une rente réduite. Si vous continuez à travailler, un ajournement est parfois possible jusqu’à 70 ans.

Utiliser son 2e pilier avant la retraite : les bases

Le 2e pilier est bloqué jusqu’à la retraite, sauf dans quelques situations prévues par la loi.

Acheter son logement : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

La loi permet d’utiliser une partie de son avoir pour devenir propriétaire du logement que l’on habite soi-même. Deux formes existent : le retrait anticipé, qui sert de fonds propres ou à réduire l’hypothèque, et la mise en gage, qui sert de garantie auprès de la banque sans sortir l’argent de la caisse.

Ce qu’il faut retenir pour commencer :

  • Le logement doit être votre résidence principale.
  • Un retrait est d’au moins 20 000 CHF.
  • Le montant retiré est imposé au moment du versement.
  • Votre future rente, et souvent vos prestations d’invalidité et de décès, diminuent d’autant.
  • Si le logement est revendu, le montant doit en principe être remboursé à la caisse.

Ce type d’opération se prépare avec votre caisse et votre banque, en mesurant son effet sur votre retraite et sur la protection de votre famille.

Se mettre à son compte ou quitter définitivement la Suisse

Une personne qui démarre une activité indépendante à titre principal peut, sous conditions, retirer son avoir de 2e pilier. Un départ définitif de Suisse peut aussi ouvrir un retrait, selon des règles qui dépendent du pays de destination : la caisse ou la fondation de libre passage indique ce qui est possible dans chaque cas.

Côté employeur : ce que la LPP impose à une PME

Le 2e pilier est aussi une obligation d’entreprise. Pour un dirigeant de PME, quatre points sont essentiels.

1. S’affilier à une institution de prévoyance. Tout employeur qui occupe des salariés soumis à la LPP doit être affilié à une institution de prévoyance enregistrée. La plupart des PME rejoignent une fondation collective ou commune, qui regroupe de nombreuses entreprises, et choisissent un plan de prévoyance adapté à leur personnel. La caisse de compensation AVS vérifie cette affiliation. À défaut, l’employeur est affilié d’office à la Fondation institution supplétive LPP, avec effet rétroactif.

2. Financer au moins la moitié des cotisations. La contribution de l’employeur doit être au moins égale à la somme des cotisations de ses salariés. L’employeur retient la part salariale sur le salaire et verse l’ensemble à l’institution : vis-à-vis de la caisse, c’est lui le débiteur de la totalité des cotisations.

3. Annoncer les mouvements et les salaires. Chaque entrée, sortie ou changement de salaire doit être annoncé à la caisse dans les délais prévus par le contrat d’affiliation. En fin d’année, les cotisations LPP du salarié figurent sur le certificat de salaire, avec les éventuels rachats. Une erreur à ce niveau se répercute directement sur la déclaration d’impôt du collaborateur.

4. Le cas du dirigeant salarié. Nadia, dirigeante salariée de sa Sàrl, est assurée comme ses collaborateurs. La société peut mettre en place un plan qui couvre mieux les salaires élevés, à condition de respecter les règles d’égalité de traitement entre catégories de personnel. Nadia peut aussi effectuer des rachats personnels, dans les limites de son plan.

Ces obligations s’ajoutent aux décomptes AVS, AI, APG et assurance-chômage. Elles font partie du quotidien de la gestion des salaires d’une entreprise, et c’est souvent sur les entrées et sorties en cours d’année que les écarts apparaissent.

Questions fréquentes sur le 2e pilier

Quel est le seuil d’entrée LPP en 2026 ?

22 680 CHF de salaire annuel auprès d’un même employeur. Il passe à 23 040 CHF au 1er janvier 2027.

Qu’est-ce que le salaire coordonné ?

C’est la part du salaire assurée par le 2e pilier : le salaire annuel moins la déduction de coordination, 26 460 CHF en 2026 et 26 880 CHF dès 2027. Le minimum légal le plafonne à 64 260 CHF en 2026.

Combien mon employeur cotise-t-il à mon 2e pilier ?

Au moins la moitié des cotisations totales. Beaucoup d’employeurs paient davantage : le règlement de prévoyance et votre certificat l’indiquent.

Que devient le 2e pilier quand on change d’employeur ?

L’ancienne caisse le transfère à la nouvelle, dont on lui communique les coordonnées. L’avoir est transféré, sans perte. En cas de pause entre deux emplois, il est versé sur un compte de libre passage.

Que devient le 2e pilier en cas de chômage ?

L’avoir est placé sur un compte de libre passage. Pendant l’indemnisation, la couverture invalidité et décès continue, mais l’épargne vieillesse s’interrompt.

Comment retrouver un 2e pilier oublié ?

En s’adressant à la Centrale du 2e pilier, rattachée au Fonds de garantie LPP, qui recherche gratuitement les avoirs de libre passage dont on a perdu la trace.

Un rachat LPP est-il vraiment déductible des impôts ?

Oui, l’année du versement, dans la limite du montant de rachat autorisé par la caisse. Attention au délai de trois ans avant tout retrait en capital.

Comment fonctionne le choix entre rente et capital ?

La loi garantit au moins un quart de l’avoir obligatoire en capital, et beaucoup de caisses permettent davantage. La rente assure un revenu à vie, le capital offre de la souplesse mais laisse le risque de longévité à la charge du retraité. La demande se fait dans le délai fixé par le règlement.

Quel est le taux de conversion LPP en 2026 ?

6,8 % à 65 ans sur la part obligatoire. Sur la part surobligatoire, ou sur l’ensemble de l’avoir en régime enveloppant, les caisses appliquent souvent un taux plus bas.

Un indépendant peut-il avoir un 2e pilier ?

Oui, à titre facultatif, auprès de l’institution de sa branche, de celle de ses salariés ou de la Fondation institution supplétive. Sans 2e pilier, il peut verser davantage dans un pilier 3a.

Peut-on utiliser son 2e pilier pour acheter un appartement ?

Oui, pour le logement que l’on habite soi-même, par retrait anticipé ou par mise en gage. Le retrait est imposé et réduit la future rente : l’opération se prépare avec sa caisse et sa banque.

Le 2e pilier est-il obligatoire à temps partiel ?

Oui, dès que le salaire annuel versé par un même employeur dépasse le seuil d’entrée, quel que soit le taux d’occupation. Beaucoup de caisses assurent même les temps partiels à partir d’un salaire plus bas.

Que devient mon 2e pilier en cas de divorce ?

L’avoir constitué pendant le mariage est en principe partagé par moitié entre les deux conjoints, selon des règles propres à la prévoyance professionnelle.

Ce que la réforme rejetée et les décisions 2027 changent pour vous

Le 22 septembre 2024, le peuple suisse a rejeté la réforme de la LPP par 67,13 % des votants. Elle prévoyait notamment d’abaisser le taux de conversion minimal de 6,8 % à 6,0 % et de modifier la déduction de coordination (dossier de l’OFAS sur la réforme LPP). Concrètement, les règles décrites dans ce guide restent celles qui s’appliquent : taux de conversion légal de 6,8 % sur la part obligatoire, bonifications inchangées, déduction de coordination calculée comme avant.

Ce rejet ne fige pas pour autant votre 2e pilier. Les caisses continuent d’adapter librement leur taux de conversion sur la part surobligatoire, et c’est là que se jouent la plupart des écarts de rente. Pour 2027, le seuil d’entrée passe à 23 040 CHF et la déduction de coordination à 26 880 CHF. Le taux d’intérêt minimal 2027, lui, n’est pas encore fixé : la décision du Conseil fédéral est attendue en novembre 2026. Votre certificat de prévoyance 2027 sera le premier document à en refléter l’effet.

Le 2e pilier ne se résume donc pas à une retenue sur la fiche de salaire. Il se lit chaque année, se vérifie à chaque changement d’emploi, se complète par des rachats quand la situation le permet, et se décide une dernière fois au moment de choisir entre rente et capital. Pour compléter le tableau, le guide complet de l’AVS explique le 1er pilier, et notre article sur la prévoyance professionnelle en Suisse revient sur le rôle de l’employeur.

Chez Synergix, deux services distincts peuvent accompagner les dirigeants de PME suisses sur ces sujets. L’externalisation comptable et paie couvre le quotidien opérationnel des entreprises, dont le décompte des cotisations LPP. En parallèle, pour toute question fiscale individuelle (opportunité d’un rachat LPP, arbitrage entre rente et capital, échelonnement des retraits à la retraite), un spécialiste de notre pôle fiscal répond sur demande. Contactez-nous pour en discuter.

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