Article écrit par Équipe Marketing

L'AVS en bref : les chiffres clés 2026

L’AVS (assurance-vieillesse et survivants) est l’assurance sociale obligatoire qui verse une rente à la retraite et protège les proches en cas de décès. Avec l’AI (assurance-invalidité), elle forme le 1er pilier du système suisse.

Avant d’entrer dans le détail, voici les valeurs à retenir. Les montants 2027 ont été fixés par le Conseil fédéral le 2 octobre 2026 et s’appliqueront dès le 1er janvier 2027.

Valeur 2026 Dès le 1er janvier 2027
Rente de vieillesse minimale (par mois) 1 260 CHF 1 280 CHF
Rente de vieillesse maximale (par mois) 2 520 CHF 2 560 CHF
Plafond pour un couple marié (par mois) 3 780 CHF 150 % de la rente maximale
13e rente de vieillesse 1er versement en décembre 2026 versée chaque mois de décembre
Cotisation AVS/AI/APG d’un salarié 10,6 % du salaire (5,3 % employé, 5,3 % employeur) inchangé à ce jour
Cotisation minimale (indépendants, personnes sans activité lucrative) 530 CHF par an 541 CHF par an
Durée de cotisation complète 44 ans 44 ans

Sources : mémentos du Centre d’information AVS/AI et communiqué du Conseil fédéral sur l’adaptation des rentes.

À quoi sert le 1er pilier dans le système des trois piliers

Le 1er pilier est l’étage de base de la prévoyance suisse : obligatoire pour tous, il couvre les besoins vitaux. Le 2e pilier (prévoyance professionnelle) et le 3e pilier (prévoyance individuelle) viennent ensuite maintenir le niveau de vie.

AVS, AI, APG, AC, PC : qui couvre quoi

Ces sigles apparaissent tous sur une fiche de salaire ou dans les courriers des caisses. Ils désignent des assurances différentes, souvent gérées par les mêmes caisses de compensation.

Sigle Assurance Risque couvert Qui finance
AVS Assurance-vieillesse et survivants Retraite, décès d’un proche Salariés, employeurs, indépendants, non-actifs, Confédération
AI Assurance-invalidité Invalidité, réadaptation Mêmes cotisants que l’AVS
APG Allocations pour perte de gain Service militaire, maternité, paternité Mêmes cotisants que l’AVS
AC Assurance-chômage Perte d’emploi Salariés et employeurs
PC Prestations complémentaires Rente insuffisante pour couvrir les besoins vitaux Confédération et cantons (pas de cotisation)

L’AVS couvre donc trois situations : la vieillesse, le décès et, avec l’AI, l’invalidité. C’est une assurance de base, pensée pour garantir un revenu minimum, pas pour maintenir à elle seule le niveau de vie.

Concrètement, l’AVS verse :

  • Une rente de vieillesse, dès l’âge de référence (65 ans, avec une période de transition pour les femmes).
  • Des rentes de survivants : rente de veuve ou de veuf, rente d’orphelin.
  • Des rentes complémentaires, par exemple une rente pour enfant lorsque le rentier a encore des enfants à charge.

Le cadre légal est la loi fédérale sur l’assurance-vieillesse et survivants (LAVS), en vigueur depuis 1948. Son principe est simple : toute personne domiciliée en Suisse ou qui y exerce une activité lucrative est assurée.

Un système par répartition : les actifs financent les retraités

La répartition signifie que les cotisations encaissées une année servent à payer les rentes de la même année. Contrairement au 2e pilier, où chaque assuré accumule son propre capital, il n’existe pas de compte d’épargne personnel à l’AVS. Les actifs acquièrent des droits, inscrits année après année sur leur compte individuel, qui détermineront leur propre rente.

Deux conséquences : votre rente ne dépend pas des marchés financiers, puisqu’elle est calculée selon une formule légale ; en revanche, l’équilibre du système dépend de la démographie. C’est la raison d’être des réformes comme AVS 21 et des votations sur le financement.

Qui doit cotiser à l'AVS, et à partir de quand

Toute personne assurée cotise, dès le 1er janvier qui suit ses 17 ans si elle travaille, et dès le 1er janvier qui suit ses 20 ans si elle n’exerce pas d’activité lucrative. L’obligation dure jusqu’à l’âge de référence. Le montant dépend de votre statut : salarié, indépendant ou sans activité lucrative.

Le numéro AVS et la caisse de compensation

Chaque assuré reçoit un numéro AVS à 13 chiffres, qui commence par 756. Il figure sur la carte d’assurance maladie et sert d’identifiant unique pour toutes les assurances sociales, tout au long de la vie.

Les cotisations sont encaissées par une caisse de compensation : caisse cantonale (à Genève, la Caisse cantonale genevoise de compensation) ou caisse professionnelle liée à une branche. Un salarié dépend de la caisse de son employeur, un indépendant ou un non-actif s’affilie lui-même. Toutes les cotisations, quelle que soit la caisse, alimentent le même compte individuel.

Combien coûte l'AVS : les cotisations expliquées sur une fiche de salaire

Salarié : 5,3 % pour vous, 5,3 % pour l’employeur

Le taux de cotisation AVS/AI/APG est de 10,6 % du salaire brut, partagé à parts égales entre l’employé et l’employeur.

Assurance Taux total Part employé Part employeur
AVS 8,7 % 4,35 % 4,35 %
AI 1,4 % 0,7 % 0,7 %
APG 0,5 % 0,25 % 0,25 %
Total AVS/AI/APG 10,6 % 5,3 % 5,3 %

Sur votre fiche de salaire, ces cotisations apparaissent souvent sur une seule ligne « AVS/AI/APG ». L’employeur les retient chaque mois et les verse à la caisse de compensation avec sa propre part. À cela s’ajoute l’assurance-chômage (AC) : 2,2 % du salaire, également partagé par moitié, jusqu’à 148 200 CHF de salaire annuel. Au-delà, aucune cotisation AC n’est due.

Exemple : la fiche de salaire de Marc, 7 000 CHF bruts par mois. Voici les lignes du 1er pilier et de l’assurance-chômage, côté salarié et côté employeur.

Ligne Taux Retenu sur le salaire de Marc Payé en plus par l’employeur
AVS/AI/APG 5,3 % + 5,3 % 371 CHF 371 CHF
AC 1,1 % + 1,1 % 77 CHF 77 CHF
Total 1er pilier et AC 12,8 % 448 CHF 448 CHF

Marc voit 448 CHF déduits de son salaire brut pour ces deux lignes. Ce qu’il voit moins, c’est que son employeur verse la même somme de son côté. Pour l’entreprise, un salaire de 7 000 CHF coûte donc au minimum 7 448 CHF par mois, avant le 2e pilier, l’assurance-accidents et les allocations familiales.

Indépendant : le barème dégressif jusqu’à 10 %

Un indépendant cotise seul, sans employeur pour partager la charge. Son taux AVS/AI/APG plein est de 10 % du revenu (AVS 8,1 %, AI 1,4 %, APG 0,5 %), à partir d’un revenu annuel de 60 500 CHF.

En dessous, un barème dégressif s’applique :

  • Revenu entre 10 100 et 60 500 CHF : taux progressif de 5,371 % à 9,321 %.
  • Revenu inférieur à 10 100 CHF : cotisation minimale de 530 CHF par an (541 CHF dès 2027).

L’indépendant verse des acomptes, en général trimestriels, calculés sur le revenu qu’il annonce à sa caisse de compensation. La caisse régularise ensuite sur la base du revenu retenu par l’administration fiscale. Un écart important entre le revenu annoncé et le revenu réel peut donc se traduire, deux ou trois ans plus tard, par un rattrapage de cotisations significatif. C’est à l’indépendant de s’annoncer à sa caisse dès le début de son activité ; il n’est pas obligatoirement affilié à la LPP, ce qui rend sa prévoyance personnelle d’autant plus importante.

Sans activité lucrative : cotiser sur sa fortune

Étudiants, personnes au foyer, personnes en préretraite, rentiers AI partiels : même sans salaire, il faut cotiser à l’AVS. Le montant dépend de la fortune et des revenus sous forme de rente (par exemple une rente LPP de préretraite).

  • Cotisation minimale : 530 CHF par an (541 CHF dès 2027).
  • Cotisation maximale : 26 500 CHF par an, pour les personnes dont la fortune, augmentée de vingt fois le revenu annuel sous forme de rente, atteint 8 950 000 CHF ou plus.

Une personne mariée dont le conjoint actif verse au moins le double de la cotisation minimale est en principe considérée comme ayant cotisé. Pour les autres, l’oubli de cette cotisation est l’une des causes les plus fréquentes de lacune.

Exemple : Inès, 23 ans, étudiante sans emploi. Elle reçoit de sa caisse de compensation une facture de cotisation de non-active. Si elle ne la paie pas, l’année sera vide sur son compte individuel. Cinq ans plus tard, cette lacune ne pourra plus être comblée, et sa rente sera réduite à vie.

Ce que l’employeur doit faire chaque année

Pour l’employeur, l’AVS n’est pas qu’une ligne sur la fiche de salaire. C’est une série d’obligations, avec des échéances :

  1. S’affilier à une caisse de compensation dès le premier collaborateur, et annoncer chaque nouvel employé.
  2. Retenir les cotisations sur chaque salaire, y compris sur le 13e salaire, les bonus et la plupart des avantages en nature.
  3. Verser des acomptes à la caisse, en général mensuels ou trimestriels, avec sa propre part.
  4. Transmettre le décompte annuel des salaires en début d’année suivante. La caisse calcule alors le solde dû et inscrit les revenus sur le compte individuel de chaque collaborateur.

Une erreur à cette étape (salarié non annoncé, salaire mal déclaré) crée une lacune chez le collaborateur et un rattrapage de cotisations, avec intérêts, pour l’entreprise. Ces étapes font partie de la gestion des salaires, qu’elle soit assurée en interne ou externalisée.

Comment se calcule la rente AVS

La rente AVS dépend de deux éléments : le nombre d’années de cotisation et le revenu annuel moyen sur l’ensemble de la carrière. Une carrière complète sans lacune donne droit à une rente complète ; le revenu moyen détermine ensuite où l’on se situe entre la rente minimale et la rente maximale.

La durée de cotisation : 44 ans pour une rente complète

Une carrière complète compte 44 années de cotisation, du 1er janvier qui suit vos 20 ans jusqu’à la veille de l’année où vous atteignez l’âge de référence. Les années de cotisation effectuées entre 18 et 20 ans, dites années de jeunesse, peuvent servir à combler certaines lacunes ultérieures.

Si votre durée de cotisation est incomplète, vous recevez une rente partielle : chaque année manquante réduit la rente d’au moins 1/44.

Le revenu annuel moyen déterminant

La caisse additionne les revenus inscrits sur votre compte individuel, les revalorise, puis les divise par le nombre d’années de cotisation. À ce revenu moyen s’ajoutent, le cas échéant, des bonifications pour tâches éducatives (années pendant lesquelles vous avez élevé des enfants de moins de 16 ans) et pour tâches d’assistance (soins à un proche).

Plus ce revenu moyen est élevé, plus la rente se rapproche du maximum. Mais l’écart est volontairement resserré : la rente maximale n’est que le double de la rente minimale. C’est l’un des traits de solidarité de l’AVS. Les hauts revenus cotisent sur la totalité de leur salaire, sans plafond, alors que leur rente reste plafonnée.

Rente minimale, rente maximale

Rente de vieillesse individuelle (carrière complète) Par mois 2026 Par an 2026 Par mois dès 2027
Rente minimale 1 260 CHF 15 120 CHF 1 280 CHF
Rente maximale 2 520 CHF 30 240 CHF 2 560 CHF

Ces montants sont adaptés en principe tous les deux ans par le Conseil fédéral, selon l’indice mixte, qui combine l’évolution des salaires et celle des prix. L’adaptation au 1er janvier 2027 représente une hausse de 1,59 %.

Le plafond pour les couples mariés

Pour un couple marié dont les deux conjoints touchent une rente, la somme des deux rentes est plafonnée à 150 % de la rente maximale, soit 3 780 CHF par mois en 2026. Ce plafonnement s’applique aussi aux partenaires enregistrés.

Exemple : Paul et Nadia, mariés, tous deux retraités. Leurs rentes calculées séparément s’élèvent à 2 300 CHF et 2 100 CHF par mois, soit 4 400 CHF. Comme ce total dépasse 3 780 CHF, les deux rentes sont réduites proportionnellement pour que le couple touche 3 780 CHF au total. Deux concubins dans la même situation ne seraient pas plafonnés, mais ils n’ont pas non plus droit aux rentes de survivants.

À ne pas confondre avec le splitting : pendant le mariage, les revenus des deux conjoints sont partagés par moitié pour le calcul de leurs rentes respectives. Le splitting répartit les droits ; le plafonnement limite le montant total versé.

Trois profils pour comprendre

Les exemples ci-dessous sont fictifs et simplifiés. Ils illustrent la logique du calcul, pas un montant garanti : seule votre caisse de compensation peut calculer votre rente.

  • Léa, 34 ans, employée de commerce à plein temps depuis ses 21 ans. Si elle cotise sans interruption jusqu’à l’âge de référence, elle aura une carrière complète de 44 ans. Sa rente se situera entre le minimum et le maximum, selon son revenu moyen sur toute sa carrière.
  • Karim, 45 ans, arrivé en Suisse à 31 ans. Il lui manquera environ dix années de cotisation suisses. Sa rente sera une rente partielle, réduite d’environ 10/44. Sur la base de la rente maximale 2026, la réduction pourrait atteindre près de 575 CHF par mois. Selon son pays d’origine, des accords de sécurité sociale peuvent lui ouvrir une rente de l’autre pays pour ces années.
  • Sofia, 52 ans, à 60 % depuis quinze ans pour élever ses enfants. Sa durée de cotisation peut rester complète, mais son revenu moyen est plus bas. Les bonifications pour tâches éducatives, inscrites pour les années où elle a élevé des enfants de moins de 16 ans, relèvent ce revenu moyen et donc sa rente.

La 13e rente AVS : ce qui change en décembre 2026

La 13e rente est un versement supplémentaire, égal à un douzième de la rente de vieillesse annuelle, versé chaque année en décembre. Elle a été acceptée en votation populaire en mars 2024 et entre en application en 2026.

Les règles essentielles, selon l’Office fédéral des assurances sociales :

  • Premier versement : décembre 2026, en même temps que la rente ordinaire de décembre.
  • Montant : un douzième de la rente de vieillesse annuelle, arrondi au franc, soit en pratique une mensualité de plus.
  • Bénéficiaires : uniquement les rentes de vieillesse. Les rentes AI, les rentes de survivants et les rentes pour enfant ne sont pas concernées.
  • Aucune démarche : la caisse de compensation verse la 13e rente automatiquement.

Exemple : Monique, retraitée, touche une rente de vieillesse de 2 000 CHF par mois. Sa rente annuelle passe de 24 000 CHF à 26 000 CHF. En décembre 2026, elle reçoit 4 000 CHF au lieu de 2 000 CHF. Une personne qui touche la rente maximale reçoit en plus 2 520 CHF en décembre 2026.

Le financement durable de cette 13e rente fait l’objet d’une votation populaire le 29 novembre 2026, sur un relèvement de la TVA. Le résultat de cette votation ne modifie pas le versement de décembre 2026.

Quand toucher sa rente : âge de référence, anticipation, ajournement

L’âge de référence est l’âge auquel la rente AVS est versée sans réduction ni supplément. Il est de 65 ans pour les hommes et, depuis la réforme AVS 21, il passe progressivement de 64 à 65 ans pour les femmes.

AVS 21 : l’âge de référence des femmes en transition

La réforme AVS 21 est entrée en vigueur le 1er janvier 2024. Elle relève l’âge de référence des femmes par paliers de trois mois, selon l’année de naissance :

Année de naissance Âge de référence Année où cet âge est atteint
1960 et avant 64 ans 2024 au plus tard
1961 64 ans et 3 mois 2025
1962 64 ans et 6 mois 2026 ou 2027, selon le mois de naissance
1963 64 ans et 9 mois 2027 ou 2028, selon le mois de naissance
1964 et après 65 ans 2029 et après

Le supplément de rente pour la génération de transition

Les femmes nées entre 1961 et 1969 bénéficient de mesures de compensation. Si elles ne prennent pas leur rente de manière anticipée, elles reçoivent un supplément de rente à vie, compris entre 12.50 CHF et 160 CHF par mois, selon leur année de naissance et leur revenu. Celles qui préfèrent anticiper peuvent le faire dès 62 ans, avec des taux de réduction plus favorables que le régime ordinaire.

Exemple : Anne, née en 1963. Son âge de référence est de 64 ans et 9 mois. Si elle attend cet âge, elle touche un supplément de rente à vie ; si elle anticipe, elle y renonce mais subit une réduction plus faible que les générations suivantes.

Partir plus tôt, plus tard ou progressivement

Depuis AVS 21, le départ à la retraite est flexible. Vous pouvez percevoir votre rente AVS entre 63 et 70 ans, en tout ou en partie.

  • Anticiper : la rente peut être versée dès 63 ans (dès 62 ans pour les femmes de la génération de transition). Elle est réduite à vie, et aucune rente pour enfant n’est versée pendant la période d’anticipation.
  • Ajourner : vous pouvez reporter le début de la rente d’un à cinq ans, donc jusqu’à 70 ans. La rente est alors augmentée à vie.
  • Combiner : il est possible de ne prendre qu’une partie de la rente, entre 20 % et 80 %, et de reporter ou d’anticiper le solde. C’est utile pour accompagner une réduction progressive du temps de travail.

Continuer à travailler après l’âge de référence reste possible. Les cotisations versées après cet âge peuvent, à certaines conditions, améliorer une rente incomplète.

Les lacunes de cotisation : les repérer et les combler

Une lacune AVS est une année pendant laquelle vous auriez dû cotiser, mais où aucune cotisation suffisante n’a été inscrite sur votre compte individuel. Elle réduit la rente d’au moins 1/44 par année manquante, à vie.

Les causes les plus fréquentes

  • Des études après 20 ans sans payer la cotisation de personne sans activité lucrative.
  • Un séjour à l’étranger (études, expatriation) sans affiliation à l’AVS ni accord de sécurité sociale qui permette de prendre en compte les périodes.
  • Une année sabbatique ou un congé non payé prolongé sans cotisation.
  • Un passage à l’indépendance sans affiliation correcte auprès de la caisse de compensation.
  • Une période au foyer sans conjoint qui cotise suffisamment.

Ce qu’une lacune coûte vraiment

Exemple : Julien a passé deux ans à l’étranger, de 22 à 24 ans, sans cotiser. Sa rente est réduite d’au moins 2/44. Sur la base de la rente maximale 2026, cela représente environ 115 CHF par mois, soit près de 1 375 CHF par an, pendant toute sa retraite. Avec cinq années manquantes, la réduction atteindrait près de 290 CHF par mois.

Rattraper une lacune : la règle des cinq ans

Les cotisations manquantes peuvent être payées rétroactivement pendant cinq ans. Au-delà, le droit de la caisse de les réclamer est prescrit, et la lacune devient en principe définitive. Deux éléments peuvent atténuer son effet : les années de jeunesse (cotisations versées entre 18 et 20 ans) et, dans certains cas, des cotisations versées après l’âge de référence.

Commander son extrait de compte individuel

Le compte individuel (CI) recense tous les revenus inscrits à votre nom : c’est lui qui servira à calculer votre rente. Vous pouvez en demander un extrait gratuitement, en ligne ou auprès de votre caisse. L’extrait liste année par année les revenus inscrits et la caisse concernée. Une année vide ou un revenu anormalement bas doit vous alerter.

L’extrait est particulièrement instructif :

  • tous les cinq ans environ, pour rester dans le délai de rattrapage ;
  • après un séjour à l’étranger ou un retour en Suisse ;
  • après un passage d’un statut de salarié à celui d’indépendant, ou l’inverse ;
  • au moins dix ans avant la retraite, pour anticiper.

Nous détaillons la démarche dans notre article Extrait de compte AVS : pourquoi le consulter régulièrement. Vous pouvez aussi demander à votre caisse un calcul anticipé de votre future rente.

Frontaliers et départ à l'étranger

Un frontalier qui travaille en Suisse est assuré à l’AVS suisse comme un salarié résident, avec les mêmes taux de cotisation, et ses années de travail en Suisse lui ouvrent droit à une rente AVS. Grâce aux accords entre la Suisse et l’UE/AELE, les périodes cotisées dans les différents pays sont additionnées pour ouvrir le droit, puis chaque pays verse la rente correspondant à ses propres périodes.

Quitter la Suisse ne fait pas disparaître les droits acquis : les années cotisées restent inscrites sur votre compte individuel, et la rente peut être versée à l’étranger. Les règles de coordination du pays de destination déterminent ensuite si des lacunes peuvent apparaître.

Demander sa rente AVS : le calendrier à respecter

La rente AVS n’est pas versée automatiquement. Il faut la demander auprès de la caisse de compensation qui a encaissé les dernières cotisations, au moyen du formulaire officiel.

La demande se dépose en général plusieurs mois avant l’âge de référence, ou avant la date d’anticipation choisie, le temps pour la caisse de reconstituer la carrière et de calculer la rente. La demande est aussi le moment de vérifier une dernière fois le compte individuel, de signaler les années passées à l’étranger et de faire valoir les bonifications pour tâches éducatives ou d’assistance.

Un couple marié dépose deux demandes, une par conjoint, au moment où chacun atteint son propre âge de référence.

Dirigeant de PME : votre AVS dépend de la façon dont vous vous rémunérez

Le dirigeant qui travaille dans sa propre SA ou Sàrl est, pour l’AVS, un salarié de sa société. Il cotise sur le salaire qu’il se verse, exactement comme ses collaborateurs, et sa société paie la part employeur.

Les dividendes, eux, ne sont pas un salaire : ils ne sont pas soumis aux cotisations AVS et ne créent donc aucun droit à la rente. Le mécanisme a deux conséquences :

  • Seul le salaire alimente le compte individuel. Un salaire plus bas signifie moins de cotisations, mais aussi un revenu moyen plus bas inscrit au compte individuel, et donc une rente potentiellement plus faible. Le 2e pilier, lui aussi calculé sur le salaire, suit la même logique.
  • La caisse de compensation regarde la cohérence de l’ensemble. Un salaire très bas assorti de dividendes élevés peut être requalifié en partie en salaire, avec rattrapage de cotisations.

Fiscalité de la rente AVS

La rente AVS est entièrement imposable comme un revenu, à l’impôt fédéral direct et aux impôts cantonaux et communaux. Elle s’ajoute aux autres revenus du rentier : rente LPP, revenus de fortune, revenus locatifs, éventuel salaire.

Trois points à garder en tête :

  • La 13e rente est aussi imposable. Elle augmente le revenu imposable de l’année où elle est versée.
  • Les prestations complémentaires (PC), elles, ne sont pas imposables. Elles s’ajoutent aux rentes des personnes dont les revenus ne couvrent pas les besoins vitaux.
  • Les cotisations versées pendant la vie active sont déductibles, puisque l’impôt porte sur le salaire net de cotisations sociales. Pour un indépendant, les cotisations personnelles sont également déductibles.

Pour planifier la retraite, il faut raisonner en revenu net d’impôt, AVS, LPP et 3e pilier confondus.

Questions fréquentes sur l'AVS

Quelle est la rente AVS maximale en 2026 ?

2 520 CHF par mois pour une personne seule avec une carrière complète, soit 30 240 CHF par an. La rente minimale est de 1 260 CHF. Dès le 1er janvier 2027, ces montants passent à 2 560 CHF et 1 280 CHF.

Combien d’années faut-il cotiser pour avoir une rente AVS complète ?

44 ans, du 1er janvier qui suit vos 20 ans jusqu’à l’âge de référence. Chaque année manquante réduit la rente d’au moins 1/44. Une rente complète n’est pas forcément la rente maximale : le montant dépend aussi du revenu moyen.

Comment savoir si j’ai des lacunes AVS ?

En demandant un extrait de votre compte individuel auprès de votre caisse de compensation. Il est gratuit et indique, année par année, les revenus inscrits. Une année vide signale une lacune.

Peut-on racheter des années de cotisation AVS ?

Non, il n’existe pas de rachat à l’AVS comme dans le 2e pilier. On peut seulement payer les cotisations manquantes des cinq dernières années. Au-delà, chaque année manquante coûte au moins 1/44 de la rente, soit environ 57 CHF par mois sur la base de la rente maximale 2026.

Quel est le taux de cotisation AVS pour un salarié en 2026 ?

10,6 % du salaire brut pour l’AVS, l’AI et les APG : 5,3 % retenus sur le salaire et 5,3 % payés par l’employeur. L’assurance-chômage ajoute 2,2 %, partagés de la même façon, jusqu’à 148 200 CHF de salaire annuel.

Un couple marié touche-t-il deux rentes AVS complètes ?

Pas forcément. La somme des deux rentes est plafonnée à 150 % de la rente maximale, soit 3 780 CHF par mois en 2026. En contrepartie, les personnes mariées ont droit aux rentes de survivants.

À quel âge une femme peut-elle toucher l’AVS en 2026 ?

Cela dépend de son année de naissance : 64 ans et 3 mois pour les femmes nées en 1961, 64 ans et 6 mois pour 1962, 64 ans et 9 mois pour 1963, puis 65 ans dès 1964. Les femmes nées entre 1961 et 1969 peuvent anticiper dès 62 ans à des conditions plus favorables, ou toucher un supplément de rente à vie si elles n’anticipent pas.

Combien perd-on en prenant l’AVS deux ans plus tôt ?

La rente anticipée est réduite à vie, selon un taux fixé par la loi qui augmente avec la durée d’anticipation. Les femmes de la génération de transition bénéficient de taux réduits. Sur demande, la caisse de compensation établit un calcul anticipé de la rente, qui tient compte de la situation exacte de l’assuré.

Quand la 13e rente AVS est-elle versée ?

Pour la première fois en décembre 2026, puis chaque année en décembre, automatiquement. Elle vaut un douzième de la rente de vieillesse annuelle. Comme la rente elle-même, elle est imposable.

Les dividendes d’un dirigeant sont-ils soumis à l’AVS ?

Non, les dividendes ne sont pas soumis aux cotisations AVS, contrairement au salaire. Ils ne créent donc aucun droit à la rente. Un salaire jugé trop bas au regard des dividendes peut toutefois être en partie requalifié par la caisse de compensation.

Faut-il cotiser à l’AVS sans travailler ?

Oui. Dès le 1er janvier qui suit vos 20 ans, toute personne sans activité lucrative cotise selon sa fortune et ses revenus sous forme de rente, avec un minimum de 530 CHF par an en 2026. Une personne mariée dont le conjoint actif cotise au moins le double de ce minimum est en principe dispensée.

Quand faut-il demander sa rente AVS ?

Plusieurs mois avant l’âge de référence ou la date d’anticipation choisie, auprès de la caisse de compensation qui a encaissé vos dernières cotisations. La rente n’est pas versée sans demande.

L'AVS pose un socle, à vous de construire le reste

L’AVS remplit exactement le rôle que la Constitution lui donne : couvrir les besoins vitaux de manière appropriée. Elle ne verse aucun capital, ne se transmet pas aux héritiers et, même à son maximum, ne remplace qu’une partie du revenu d’activité.

C’est pour cela que le système suisse repose sur trois étages. Pour la vue d’ensemble, notre article Les 3 piliers de la prévoyance suisse montre comment ils s’articulent. Les deux étages suivants ont chacun leur guide :

Chez Synergix, deux services distincts peuvent accompagner les dirigeants de PME suisses sur ces sujets. L’externalisation comptable et paie couvre le quotidien opérationnel des entreprises, dont le calcul et le versement des cotisations AVS/AI/APG. En parallèle, pour toute question fiscale individuelle (impact de la rente AVS et de la 13e rente sur le revenu imposable, choix entre anticipation et ajournement, coordination avec un retrait LPP ou 3a), un spécialiste de notre pôle fiscal répond sur demande. Contactez-nous pour en discuter.

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